Il y a quelque chose de pathétique dans la façon dont Jean-Marie Colombani, le patron désavoué du Monde, tente de sauver le poste qu'il occupe depuis plus d'une décennie.
Son maintien à la tête du Groupe clairement rejeté par les Sociétés des Rédacteurs du Monde et de Télérama, il argue d'un soutient des rédactions "à la majorité relative" pour contourner un vote qui est pourtant conforme à la "Constitution" du Monde. Et tout ça au nom de l'indépendance du journal que lui seul serait en mesure de garantir.
Ce défenseur de la moralité publique qui n'a de cesse de dénoncer, avec raison, les abus de pouvoirs - politiques autant qu'économiques - refuse de se soumettre à une loi qu'il a lui même fait voter. Il s'aligne ainsi sur l'attitude des patrons de droit divin, des despotes prétendument éclairés qui ne supportent pas de voir leur action remise en cause.
A posteriori il donne ainsi raison aux critiques du tandem Péan/cohen, auteurs de "La face cachée du Monde" , qui dénonçaient à la fois son pouvoir personnel, son clanisme et son affairisme, une vision alors vivement dénoncée par les colombanistes mais aujourd'hui pleinement et malheureusement confirmée.
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